Mathieu Prince Babindamana Ntondele
En 2008, chaque réveil ou presque était une occasion de m'inquiéter pour la journée à venir. Se débarrasser de ses inquiétudes peut sembler difficile, mais j’ai découvert que c'est la chose la plus désintéressée qui soit. C'est faire très exactement ce que Jésus a dit quand il déclare: «Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement?... Ne vous inquiétez donc pas du lendemain car le lendemain aura soin de lui même.» (Matthieu 6:25-34) Il s’agit en d'autres termes de reconnaître que nous ne sommes en rien créateurs de notre bien-être, mais que c'est Dieu qui prend soin de nous et que c'est Lui le Principe divin qui règle notre existence.
Pendant le troisième trimestre de l’année 2008, alors que j’étais encore lycéen, nous avons connu un temps de crise dans notre famille. Nous étions sans ressources et nous avons pu manger grâce à l’aide du frère de notre logeur. Je vis avec ma maman et mes deux sœurs, ainsi que trois autres enfants en bas âge. Il y avait eu un changement à la tête de la société dans laquelle travaille maman, et le nouveau directeur se servait des revenus de la société et refusait de payer les primes et les salaires des travailleurs.
Nous fréquentons tous l’école du dimanche de la société de la Science Chrétienne de Pointe Noire [au Congo], dont maman est membre, et tous, selon nos capacités, nous nous efforcions de prier au sujet de cette situation. La base de notre prière a été le psaume 23 qui commence ainsi, «L’Eternel est mon berger; je ne manquerai de rien.» Nous nous sommes efforcés de repousser l’idée de manque et de reconnaître l’omniprésence des ressources infinies dispensées par Dieu.
Mais au réveil, chaque matin, je m'inquiétais du déroulement de la journée, et peu à peu, je commençais à perdre du poids, j’avais mauvaise mine et je me sentais faible quand j’étais debout. Bien sûr, je tenais à me souvenir de ce que j’avais appris à l'école du dimanche pour trouver du réconfort et je faisais de mon mieux pour demeurer calme et plus confiant en Dieu. Je priais en général pour toutes les personnes qui se trouvaient dans la même situation que la nôtre et en particulier pour notre famille. Nous étions sans ressources depuis environ un mois et nous avons survécu à la faim avec le secours de la personne mentionnée plus haut. Nous ne savions pas où trouver de l’aide. Alors un soir j’ai pris mon Science et Santé et j’ai commencé à méditer ce passage où Mary Baker Eddy écrit: «L'esclavage n'est pas l'état légitime de l'homme. Dieu créa l'homme libre. Paul dit "je suis né libre" et tous les hommes devraient être libres, tel est leur droit divin... là où est l'Esprit de Dieu là est la liberté.» (p. 227)
Je commençais à voir les choses sous leur vrai jour, en comprenant que, selon la réalité divine, aucun membre de notre famille n’était esclave de ces conditions de manque, mais que chacun était et est à jamais libre, ne pouvant jamais souffrir ni manquer de quoi que ce soit.
Le lendemain au réveil, comme chaque matin, je pris le temps de lever les yeux devant la porte ouverte et j'aperçus un arbre au feuillage merveilleux et un très beau ciel bleu marin. En contemplant ce paysage avec beaucoup de calme, un sentiment de joie m’envahit; cet arbre et ce ciel exprimaient des qualités divines comme l’équilibre, la beauté, l’harmonie. Cela me conduisit à ressentir la bonté et l’amour infinis de Dieu, qui rayonnent partout. Du coup, je me sentis de nouveau à l’aise, plein de force, et je reconnus que Dieu prend soin de moi. J’étais convaincu que le Principe divin a toujours répondu à tout besoin humain et y répondra toujours (voir Science et Santé, p. 494) Je m'étais défait de tous mes soucis concernant la journée qui commençait et, à l'instant même, j’ai ressenti une paix immense, bref, j'étais guéri des craintes que j’avais entretenues sur mon sort et celui de ma famille. Alors, je baissai les yeux en disant: «Merci Père-Mère Dieu de toutes le bien que tu tiens en réserve pour Tes enfants.» En un instant, j'étais passé de la tristesse à la joie et de l'inquiétude à l'assurance du bon déroulement de la journée. Je terminai en déclarant ces mots: «Je promets de veiller et d'être calme pour T'écouter et Te laisser me guider.»
Ma maman se préparait pour se rendre à son travail. Fidèle aux enseignements de la Science Chrétienne, elle aussi quittait la maison avec une pleine conviction que Dieu seul prenait et prend à jamais soin de nous. Arrivée dans son service, elle fut informée qu'elle devait passer à la banque pour percevoir son salaire. Un nouveau directeur avait été nommé et il avait commencé à rétablir l’ordre dans la société. Nous avions maintenant les moyens de sortir définitivement de cette crise.
La gratitude de notre famille est sans bornes pour Dieu le Père, pour Christ Jésus le métaphysicien par excellence et pour Mary Baker Eddy qui a découvert et fondé la Science Chrétienne.